photo: Marc Archambault La comédienne Isabel Richer est une mince naturelle, qui met en application depuis longtemps, sans en avoir conscience, les principes mis de l'avant dans Mangez !

ISABEL RICHER : LA RESCAPÉE DES RÉGIMES INUTILES

« Moi, lance la comédienne, c'est pas compliqué : j'ai arrêté d'avoir des problèmes de poids le jour où j'ai arrêté de m'en faire avec ça. »

Difficile à imaginer, mais Isabel Richer n'a pas toujours été la grande fille super mince que l'on voit au cinéma, au théâtre et à la télé. Durant la vingtaine, elle a traîné pendant quelques années presque 20 kilos de trop, qui sont disparus tout seuls, le jour où elle a en eu marre de compter ses calories et de sauter des repas en espérant que cela la fasse maigrir.

« Je n'ai jamais été aussi mince que depuis que je mange trois fois par jour », explique-t-elle sans ambages.

Le scénario de sa vie est assez typique : petite, Isabel n'a jamais eu de problème de poids. Puis, à l'adolescence, elle a commencé à se battre, à coup de régimes, contre quelques nouvelles rondeurs qui ne lui plaisaient pas. Ont suivi des années de privations et de montagnes russes assez typiques : produits allégés, régimes, comptabilisation des calories en tout temps et kilos qui disparaissent pour mieux s'accumuler ensuite.

« Je sautais des repas et j'étais capable de tolérer le sentiment d'être affamée. Mais le soir, c'était immanquable, je mangeais beaucoup. Ou alors, je picossais dans les plats. »

Mais un jour, pour toutes sortes de raisons personnelles, la comédienne en a eu marre et a lâché prise. Et au lieu de se battre contre la nourriture, elle a accepté sa gourmandise, en se disant que si elle ne devait surveiller qu'une seule chose, c'était cette habitude de toujours piger dans les plats à gauche et à droite.

Et puis, tranquillement, sa relation avec la nourriture a commencé à s'apaiser. Et les kilos à fondre.

Tranquillement, explique-t-elle, « j'ai tout simplement arrêté de manger quand je n'avais pas faim. »

Aujourd'hui, Isabel Richer a un enfant - elle n'a eu aucun problème à retrouver sa taille après sa grossesse - et elle mange ce qu'elle veut, quand elle le veut. « Je garde toujours quelque chose sur moi pour avoir une collation à portée de main », dit cette collectionneuse de livres de recettes, fine fourchette et bonne cuisinière.

Dans son panier d'épicerie, on retrouve poisson, fruits, légumes et compagnie. Mais si l'envie d'un sac de chips lui prend, elle ne se gêne pas pour en acheter aussi. Elle fait comme sa mère faisait. « On n'en garde pas à la maison, mais si on en veut, on peut aller en prendre à l'épicerie. »

A-t-elle peur de reprendre les kilos perdus il y a maintenant une dizaine d'années. 10 ans ? Non. S'impose-t-elle quelques restrictions pour conserver sa taille ? Non.

« Je suis encore et toujours une grande gourmande. Je mange de tout. Je ne me prive pas. Mais si j'ai mangé un gros repas un soir, spontanément je mange moins le lendemain. Mettons que je ne prends pas des œufs au bacon pour déjeuner ! » Et avant un repas de fête, le scénario est inversé : « J'aime tellement manger que je m'arrange pour arriver là en ayant faim, pour pouvoir en profiter. »

En fait, Isabel ne comprend pas qu'en 2006, les gens suivent encore des régimes amaigrissants. « C'est tellement clair que ça ne marche pas et que c'est platte », lance-t-elle en se rappelant, en riant, de tous les régimes étranges qui avaient cours dans les années 70 et 80 : régimes aux bananes, régimes aux pamplemousses, régimes aux légumes en rotation... « Je ne sais pas si c'est une question d'âge ou d'époque, mais aujourd'hui, il me semble évident que les régimes, c'est une totale perte de temps. »

Lisez aussi les témoignages de Sophie Durocher et Rafaële Germain dans le livre Mangez!

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